Après avoir mis à contribution mon gendre (de passage en congé) pour retourner le bateau et évacuer le chantier, je profite de son expertise en travail du bois. Il me montre comment profiler, affûter et utiliser un racloir d'ébéniste :

profilage racloirutilisation racloir

Pendant qu'il me montre et enlève les premiers copeaux, j'utilise un outil beaucoup plus basique : une bonne pince universelle qui permet d'enlever les cordons de colle fusible qui tenaient les couples.

enlèvement colle fusiblepremiers copeaux

Les bandes de toile cirée que j'avais utilisé pour les supports du bateau retourné étaient en fait extensibles et se sont allongées pour descendre jusqu'à la barre haute des supports... avec la conséquence que la position de travail sur le bateau est trop basse et que cela se reporte sur les reins qui fatiguent inutilement !
L'achat de 2m de sangle de jute à l'occasion d'un passage près d'une grande surface de bricolage me permet de corriger cela pour un travail plus confortable.

sangle support

3/9/2013 Séances de racloir et de ponçage, sans forcer - je suis à la retraite ! - et interrompues par une visite à des amis, et un arrêt en plein milieu d'une séance de travail : je me suis écorché à la main sur le bord de tissus de verre, le reste du corps protégé par la combinaison de bricolage. Rien de grave, un petit sparadrap, mais arrêt obligé : avoir des tâches de sang sur le bois ferait désordre !!!
Du coup ça n'avance pas très vite d'autant que les outils employés sont des outils de finition... j'ai donc l'idée de réutiliser ma ponceuse rotative qui tourne encore, bien qu'avec de belles étincelles autour du collecteur, et qui sans être trop agressive, efface quand même plus vite les défauts aux endroits qui nécessitent un ponçage soutenu (par exemple pour rattraper le niveau à l'endroit d'une latte légèrement plus fine que la norme), mais avec l'inconvénient que ça génère une poussière de bois phénoménale... (d'où masque et aspiration future de l'atelier, sol, murs et plafond !).

raclace ponçage

J'apprécie aussi que le bateau tienne dans la position ci dessus dans les sangles pour le ponçage des flancs.

ponçage interieurenduit intérieur

Ponçage, balayage, aspiration, enduit colle/poussière de bois pour boucher les défauts de collage de lattes et les fentes ou défauts des nœuds.
Je refais régulièrement le trait au feutre sur l'axe du bateau au fur et à mesure qu'il est poncé : cela me servira de guide à la fois pour aligner le tissu de verre lors de la stratification intérieure, et ensuite pour la pose de la carlingue.

Je viens de mettre le bateau sur le pèse personne : à ce stade du travail, il pèse un peu moins de 16 kg. Inutile de chercher à enlever trop de bois, mais il faut quand même poncer suffisamment pour préparer la surface avant la stratification.

travail sur les bouchainscales de ponçage

Le ponçage des parties planes du bateau au grain 80 est pratiquement fini. Reste à poncer les bouchains et les parties non accessibles à la ponceuse au niveau des étraves.
L'essai avec la ponceuse triangle qui figure sur la photo et que j'avais dans mes outils, supposée s'introduire plus loin dans les étraves, n'est pas concluant ; c'est un outil très spécifique qui n'est pas adapté ici.
Pour les bouchains, un travail soigneux avec un ciseau à bois super affûté me permet d'enlever les "marches d'escalier" dues au raccordement des bouvetages mâle-femelle dans la courbe, et le racloir complète le travail. Ensuite le ponçage manuel me semble incontournable : feuille d'abrasif tenue avec un gant de travaux pour ne pas se ruiner les doigts ou cale de ponçage en forme d'éponge en mousse ferme que j'ai trouvé ce matin en même temps qu'une cale de ponçage munie de velcro pour utiliser les disques abrasifs de ponceuse et qui devrait me servir pour les intérieur d'étraves.
Cette cale de ponçage jaune se révèle un outil très adapté, avec une bonne prise en main et dans un plastique suffisamment souple pour épouser la courbure du bouchain. De plus sa faible épaisseur me permet d'aller poncer l'intérieur des étraves. Enfin, j'ai approvisionné des disques de grain 40 pour le premier dégrossissage manuel.
Ingrédients indispensables : patience et huile de coude !!!

ponçage manuel

Patience et huile de coude... certes, mais les muscles chauffent et fatiguent plus vite que ne chauffent et ne fatiguent les ponceuses électriques ! Je fais donc de multiples incursions dans la journée avec une pause entre chaque et me sens plein d'admiration pour nos anciens ébénistes qui ponçaient tous leurs meubles à la main.
J'ai aussi recentré un peu mes supports et mis une sangle de maintien de la largeur pour éviter que le canoë ne s'ouvre, même s'il y a peu de risques que cet élargissement soit permanent.

Le ponçage et le racloir continuent. Je ne suis pas complètement satisfait de la courbe des bouchains mais les nœuds me posent de petits problèmes : ce sont des points durs et si j'insiste au niveau du ponçage, je risque de creuser autour là où le bois est plus tendre. J'arrête donc de m'acharner et passe au grain 120 pour passer le plus vite possible à la stratification : déjà le 10/9/2013 et si je craignais les trop fortes chaleurs en août, voila qu'un épisode de temps froid va m'obliger à donner un coup de chauffage pour avoir mes 20° dans l'atelier !