En même temps que le lattage se poursuit, j'en suis à la latte 32 et je commence le lattage des pointes d'étrave, le canoë commence à avoir une belle forme, mais je suis un peu effrayé par tous les défauts à effacer...

- les bavures de colle, d'abord, que j'ai commencé à enlever avec un certain succès avec un ciseau à bois large. Il faut toutefois faire attention à ne pas engager l'outil et tailler un copeau (qui risque d'être important) dans le bois.

- les bords de lattes, soit du fait de la courbure, soit plus grave parfois du fait que le bouvetage mâle ou femelle a un peu "dérapé" de son axe idéal. Je me suis aperçu en outre que parfois au sciage de la latte l'épaisseur a aussi un peu dérapé, entraînant une latte légèrement plus fine que la norme. J'ai bien sur, éliminé les lattes dont l'épaisseur était visiblement ratée, mais de toute évidence certaines dont le défaut était léger ont été utilisées... et j'aurais fait pire que mieux en essayant de les décoller !

- les nœuds : les gros, ayant entraîné une rupture de latte ont été remplacés par un scarf ; restent les petits, qui visuellement vont faire des ocelles au milieu des strates du bois lorsque tout sera poncé et dont les éclats vont devoir être bouchés par un mastic fait de poussière de bois mélangé à de la colle vinylique ou à de la résine époxy (araldite) comme proposé dans la notice de la Canoterie.

Je m'interroge donc sur l'achat de racloirs d'ébéniste, en me demandant si le maniement de ces outils ne nécessite pas un long apprentissage pour être efficace. J'ai préalablement pensé à des rabots, éliminant d'entrée le rabot électrique, car même réglé au plus fin il risque d'être beaucoup trop agressif, irrémédiablement à la première erreur, un essai avec un rabot surform que j'ai dans mes outils me semble possible quand je pense à un petit rabot à lames de rasoir hérité de mon beau père il y a au moins 20 ans... un outil qui doit avoir entre 40 et 50ans que je ressors du tiroir de rangement ad hoc !

rabotkid

L'essai avec cet outil me semble concluant pour préparer le terrain avant l'utilisation des plateaux de ponçage.
Reste plus qu'à acheter des lames de rasoir pour remplacer l'unique survivante.
En cherchant sur internet, je découvre que cet outil a été conçu en 1962, l'outil a donc bien entre 40 et 50 ans, et que des lames sont toujours en vente, ainsi que les évolutions du rabot...
Mais entre celui que j'ai ici et le rabot surform ci dessous je pense que ça fera bien l'affaire.
rabot surform

Tout bien réfléchi, et après avoir utilisé le rabot pour dégrossir aspérités et coulures de colle et approvisionné des lames de rasoir neuves, je crois que je vais me contenter du rabot et des ponceuses. Reste à essayer de trouver un tuyau à brancher sur les perceuses et sur l'aspiration de la maison pour éviter de trop disperser de la sciure de bois.

les ponceuses

13/7/2013 le ponçage commence : pour l'instant je trouve que la ponceuse à bande devrait me permettre de poncer le fond, plus ou moins plat, de façon satisfaisante. Par contre c'est bien la ponceuse orbitale qu'il faut pour les bouchains et les côtés.

début de ponçage

Que de poussière fine (je travaille pour l'instant au grain 80), et malgré le désagrément, masque anti poussière de rigueur !
S'il y a une couche sensible de poussière de ponçage sur le sol, il y en a aussi une fine couche partout dans l'atelier... et sur le ponceur, cheveux et lunettes compris !

en cours de ponçage
Après deux séances de ponçage, il y a encore du travail en perspective mais on commence à avoir une idée de ce que ça deviendra. Je récupère la poussière de bois très fine pour faire un enduit de rebouchage des trous (petits nœuds ou éclats de lattes) ou quand la colle n'a pas rempli complètement l'espace entre deux lattes ce qui se traduit par une petite fente (non traversante) longitudinale. J'ai par contre un petit souci avec le plateau 150mm de ma ponceuse orbitale : le velcro ne tient pas bien l'abrasif qui s'éjecte... Je vais essayer le plateau de 125mmm et aussi un gros dépoussiérage velcro / feutre d'accroche du disque abrasif.

en cours de ponçage Bien dépoussiéré, le disque de ponçage reste de nouveau fixé sur le plateau.
Après chaque séance de ponçage, petit coup de balai sur le sol (pour limiter un peu l'exportation de poussière hors de l'atelier avec les chaussures) et coup de balayette pour "nettoyer" le plan de travail et voir où il faut continuer à agir. Je crois que demain, je vais faire de "l'enduit de rebouchage" avec colle vinylique et poussière de bois avant de continuer le ponçage, car de toutes façons il faudra poncer après cette cet enduction : autant le mettre tout de suite pour ne pas se retrouver avec la coque de l'épaisseur d'un papier de cigarette !!!
Comme il y a au moins autant de poussière dispersée dans l'atelier que ce qui restait collé sur la coque... cette réflexion s'impose.


enduction de rebouchage ponçage après enduit
Enduction : colle + poussière de bois et deux séances de ponçage ; encore un peu de ponçage au grain 80 et je crois que bientôt je vais pouvoir passer au grain 120 pour affiner, mais peut être à la ponceuse vibrante pour effacer les "facettes" que je constate par ci par là, surtout dans les parties arrondies.

Par contre je m'interroge sur l'aspiration "sol et plafonds" conseillée par la notice de fabrication : il y a de la poussière de bois partout et comme l'atelier est tout sauf un espace vide...

Stand-by obligatoire dans mon processus de ponçage : le 19/7/2013 à 21h un violent orage de grêle, avec des grêlons de 1cm1/2 de diamètre, claque au dessus de la maison et entre autres légers dégâts, le vent pousse cette tornade contre la porte extérieure de l'atelier... et environ 1 litre d'eau pénètre sous la porte et se répand sur le carrelage et en dessous du plastique de protection.
Le lendemain, découvrant la chose, je replie le plastique et le surélève avec des cales pour laisser le tout sécher toute la journée, avant de faire un peu le ménage au sol le 21 au matin quand l'humide a presque disparu. Je constate aussi avec cette journée sans travail, que malgré un premier balayage de dépoussiérage de la coque, une fine couche (la poussière de bois en suspension dans l'air, de toute évidence) s'est redéposée pendant les 24h de calme ; je note le fait : il me faudra plusieurs jours de dépoussiérage réitérés de l'atelier et de la patience avant d'entreprendre l'utilisation de résine époxy et la stratification !
stand-by inondation

24/7/2013 Enduit, ponçage, enduit, ponçage... Si je devais refaire un canoë, je lésinerais moins sur la colle entre chaque latte : il est plus rapide et plus facile d'éliminer la colle qui a débordé avec le rabot que de mettre de l'enduit dans un interstice pas complètement collé entre deux lattes...
Promener la main sur la coque est peut être la meilleure façon de sentir où je dois compléter mon ponçage : encore un coup à deux ou trois endroits et je passe à la ponceuse vibrante.

J'ai cramé ma ponceuse orbitale, ou peu s'en faut... Je n'ai pourtant pas l'habitude de maltraiter mes outils et de faire forcer les moteurs. En fait, c'est il y a quelques jours, lors des premiers ponçages où j'ai passé plus de deux heures à poncer sans arrêt : le masque sur le nez et les mains sur les poignées, focalisé sur le soin à apporter au ponçage pour ne pas faire trop de facettes, je n'ai pas pensé à vérifier que le moteur chauffait... une ponceuse premier prix "made in China", que j'avais achetée pour poncer et repeindre le canoë en stratifié acheté d'occasion il y a quelques années, prédécesseur de celui-ci, et qui n'est pas faite pour travailler en continu... je n'ai pris conscience du problème qu'en voyant des copeaux noirs et comme brûlés dans la poussière de ponçage copeaux venant sans doute du moteur.
J'ai fait plus attention après ce constat, mais le mal était fait : outre des grosses étincelles au niveau du collecteur, le moteur a chauffé beaucoup plus vite au point qu'hier 25/7 j'ai vu de la fumée sortir des ouïes de ventilation... J'ai démonté le carter pour vérifier : moteur brûlant mais heureusement pas de flamme.
Pour autant je ne vais pas racheter une ponceuse à 350 ou 400€, beau matériel que je n'amortirai pas, une ponceuse similaire, achetée (50€) aujourd'hui 26/7, utilisée avec plus de prudence fera bien l'affaire. En attendant j'ai commencé à utiliser la ponceuse vibrante en plusieurs séquences prudentes au niveau température moteur. La ponceuse vibrante est moins agressive et travaille plus lentement, mais c'est le moment de l'utiliser.

Grand dépoussiérage aujourd'hui 27/7, non que le ponçage soit fini, mais la poussière de bois a envahi des boites à outils restées ouvertes, et je dois en emmener pour aider à l'installation d'un proche qui a déménagé. Bonne occasion pour faire un certain ménage et fermer les armoires pour limiter l'envahissement de la poussière de bois. J'approfondirai ce ménage / rangement lors du dépoussiérage total avant utilisation de la résine.

C'est finalement une bonne chose que la ponceuse circulaire ait rendu l'âme : elle n'était que circulaire (et génératrice de facettes) alors que sa remplaçante a d'abord un mouvement excentrique très rapide associé à un mouvement circulaire relativement lent ce qui donne une qualité de ponçage bien meilleure. Elle est aussi manifestement mieux conçue avec un sac poussière correct et un moteur plus protégé des poussières de ponçage.
fin ponçage 80
Je l'ai donc inauguré en finissant le ponçage au grain 80. Après deux jours d'arrêt pour cause d'aide au déménagement, je passerai donc au grain 120 avant de stratifier.

4/8/2013 un côté de canoë semble fini au grain 120 : je ne décèle plus de facettes trop évidentes, ni de traces du ponçage rotatif au grain 80... mais que c'est long !

ponçage finiponçage fini
ponçage finiponçage fini
6/8/2013 Le ponçage au grain 120 est fini a priori. Je vais encore faire une vérification de détail, mais il me semble que je n'ai plus qu'à arrondir les étraves (poncées dans le prolongement de la coque ce qui fait que le profil est trapézoïdal). Un profil en ellipse supportera mieux le tissu de verre qui n'aime pas les angles.
étraves arrondiespincement resséré

Les étraves ont été arrondies, rabot puis ponçage, et j'ai resserré la coque au niveau des avant derniers couples, là où les carreaux forment un léger pincement qui était tenu pas les points de colle fusible sur le couple et que les vibrations du ponçage ont fait se décoller. L'écartement résultant n'était pas bien grand, 4 ou 5mm, mais autant corriger avant que la stratification ne fige la forme. On voit, au dessus des trous que j'ai faits pour procéder à ce resserrement avec un fil de cuivre, les trous qui marquent le livet qui servira de repère pour fixer le plat bord.

Par ailleurs, l'aspirateur centralisé a beaucoup marché ces jours ci, plafond, murs, de multiples fois le sol et pour finir, la coque avec une petite brosse suceuse. Bien qu'ayant ramassé les poussières de ponçage avec balai, pelle et balayette avant d'aspirer, il m'a fallu vider le réservoir qui tient pourtant près de six mois de ménage standard, et que j'avais vidé avant de commencer !